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Je souhaite vous faire partager un excellent article paru sur Etapes, le magazine du Design et du Graphisme :
Méliès, magicien du cinéma

Dessin sur papier, collé sur carton. Encre, lavis d’encre, 23,8 x 31,6 cm
« Le Voyage dans la Lune. En plein dans l’œil !! (9ème tableau) », Georges Méliès, c. 1930 © ADAGP, Paris 2008.
Principalement vendus aux forains, les films féeriques de Méliès connaissent le succès dans les années 1900. L’exposition de la cinémathèque française retrace le parcours du cinéaste à travers la découverte de films et d’objets de magie, de dessins ou encore du costume d’inventeur du Voyage dans la Lune. Le visiteur est également invité à explorer le studio Méliès de Montreuil, grâce à une reconstitution interactive et à pénétrer les secrets de ce mystérieux atelier. Plusieurs projections rythmeront la manifestation.
Façade du 20 rue Dalayrac : Florence Inoué, David Poullard et Guillaume Rannou
À l'invitation du Festival Graphisme dans la ville, ils investissent l'espace de la rue au 20 rue Dalayrac en apposant de manière monumentale l'inscription d'une locution extraite d'un plus vaste corpus constitué par les auteurs depuis 2001, sous le nom d'À-ce-qu'on-dit : "Ce que nous proposons aujourd'hui est une forme que nous souhaitons – comme à chaque fois – induite par la singularité du contexte d'exposition : ici, tout bonnement, la rue. Et c'est avec plaisir que nous proposons à la lecture du badaud cette inscription, énorme, qui vient proclamer haut et fort que notre "petite" langue ordinaire, celle de tous les jours, celle que nous partageons n'est pas si évidente qu'elle y parait. Notre volonté est de faire surgir de ces mots, a priori connus, un gramme, ou une tonne, d'étonnement."
A suivre (et les autres oeuvres notamment) sur http://www.lagaleru.org/PAGES/framegdr077.html
Je ne suis pas un écrivain durable.
Je me suis levé avec cette idée : était-elle dû au fait que ma consommation de papier était devenue inutile, puisque chaque inspiration finissait au panier et que, tête renfrognée, je me découvrais un rhume qui nécessitait bientôt une myriade de mouchoirs pour en effacer, là encore, les traces ? Je m’étais longtemps voilé la face. Il était temps de le reconnaître : je n’étais pas un homme comme il faut.
Je me suis rassuré à l’idée que d’autres cahiers d’écolier, à petits carreaux, avaient été le berceau d’êtres hors du temps. Libérés de la prison des lignes, ces inconnus sur la terre avaient tracé d’autres perspectives, suivi d’autres chemins. Je n’étais donc pas le seul responsable de mes errances. Et puis, ceux qui préféraient de loin l’inconsistance des ondes, les pollueurs de cerveau adeptes du pas vu pas pris causaient selon moi des dégâts bien plus dommageables à la planète : si j’en effleurais la peau, ils en pillaient le contenu. J’étais donc au seuil d’une de ces journées parasitées, humides de mots qui trempent depuis trop longtemps dans le y’en a marre.
C’est amusant : je n’ai jamais pu me faire à ces histoires qui parlent et ne racontent pas. Souvent, on croit qu’il faut parler d’un autre, qu’il faut dire tout ce qui ne se dit pas, qu’il faut entraîner dans une avalanche de révélations, comme autant de coups bas, un lecteur avide de secrets qui n’en sont plus pour personne. Il faut dire je vous aime quand on déteste, ou quand on a besoin d’entendre qu’on nous aime. Y’en a marre ! Peut-on écrire plutôt les silences ? Comment fait-on pour se taire avec des mots ? Si je devais conter une histoire, de ces chemins de traverse emplis de détours inattendus, qui font un petit tour et puis reviennent pour déposer sur les lèvres le vent d’un autre espace, les odeurs, les couleurs d’un autre que soi, je voudrais qu’elle soit muette à sa manière.
Longtemps je ne me suis pas privé de mots. Ah ! J’en ai consommé des feuilles, des tiges, écorché des écorces, jusqu’à n’en plus supporter la douleur, jusqu’à refuser encore et encore d’heurter le même rideau invisible de la parole qui cache, qui voile, qui dissout. Je rêvais de coudre la bouche, boucher des mots qui se complaît dans la scarification des sensations.
Je relis donc au fond de moi, dans ces instants flottants d’un monde absurde, les traces de pas de mon existence, ces petits bouts de papier pliés, dérobés au revers d’une veste elle-même retrouvée au hasard d’une bataille matinale au plus profond de la penderie, lorsque définitivement, je n’ai plus rien à me mettre … voilà donc un délice à me mettre sous la dent, ce petit bout d’espace griffonné, qui m’invite dans la grande course aux étoiles des signes sur la page que j’aime tant : quelle était donc cette lumineuse idée chargée maintenant en son cœur de pourpre et de rose, décolorée par un passage, ce ne peut être que ça, dans le tambour agité de la machine à laver ?
Je suis un peu l’historien de ma propre histoire … je ne la réécris jamais, je la déchiffre, ou plutôt j’en repasse les traits à la sanguine de mes désillusions. Car bien des espaces sont intraduisibles mais signifiants. Ce qui m’intéresse, c’est ce fil conducteur de ce que je suis : non de l’attraper, de le tenir comme un fil d’Ariane, cassant ou facile tour à tour, emprunté, inutile. Bien au contraire, le regarder vivre, car il vit ! Il s’agite au gré des souvenirs bien plus que la madeleine de Proust dans sa tasse à café.
ART TRAVERS
De créat-IF à créat-EUR : La différence est toute entière dans un SUFFIXE, qui, contrairement à ce que sa prononciation peut amener à penser n’a rien de la suffisance, de la finitude ou de la fixation définitive. Si le suffixe -IF (si, en anglais, simple coïncidence) suspend en quelque sorte la portée artistique à l’agir dont il n’est que l’épithète dévouée, celui d’-EUR apporte à cette même création toute sa réalité, son efficience, voire sa substance, en la rapprochant de son origine : l’être, l’Homme. Quid en effet d’une création dont l’essentiel, l’essence même, ne résiderait pas dans l’acte en tant qu’expression de soi, parole (dusse-t-elle être silence), réalisation (c’est-à-dire projection dans le réel) ? D’une création qui fonderait sa légitimité sur sa seule existence, dans un instant T, sans intégrer dans ses fondements même une dimension relative à son propre devenir en termes d’agir ?
Partout fleurissent les loisirs créatifs, ces pratiques individuelles ou collectives qui se suffisent à elles-mêmes, bien souvent fondées sur l’occupationnel. Si une telle démarche plus artisanale qu’artistique a toute sa place au quotidien soit en tant « qu’action anti-inaction », soit en qualité de pratique partagée (permettant notamment le développement de relations humaines privilégiées), il n’en reste pas moins que l’espace du franchissement artistique vers l’autre, c’est-à-dire humain, à travers l’acte créateur, s’en trouve relégué au rang de fiction « cultureuse », sans rapport au réel, pour adeptes de concepts fumeux. Il y aurait d’un côté les artistes penseurs, de l’autre les adeptes pratiquants sans comprendre ? Je ne saurai admettre ce parti pris de la scission intellectuelle. Je me souviens de cette parole d’Aragon : « Toi qui te prétends poète, Tais toi, ne parle pas de ta poésie ». J’en ai toujours gardé la substance d’humilité profonde, très « aragonienne » d’ailleurs. On ne se prétend pas artiste, on le devient, dans la démarche, par la pratique et la réflexion, en travaillant à « (se) faire voyant » disait Rimbaud dans sa fameuse lettre éponyme. Ce qui rassemble c’est justement l’agir pour l’agir, c’est la démarche en amont pour l’action en aval. Il ne s’agit pas tant d’une évidence d’éclairé que d’un travail quotidien, sur les sens (être réceptif) et sur l’expression (être communicatif).
En ce sens, il faut « franch-agir ». Créer un franchissement au sens de trans-mission, empruntant tantôt la voie du dialogue : aller-retour humain, comme une transhumance du message, transformé par autrui qui ne me le renvoie pas, mais y répond, c’est-à-dire fonde un acte créateur à son tour ; tantôt la voie du parcours : autrui perçoit, ressent et transmet sa propre perception à autrui (il s’agit bien d’un nouvel acte créateur). Qu’il soit retourné ou transmis, l’acte créateur a trouvé résonance au-delà de lui-même, mieux, dès son origine, il a été agi pour agir. Georges Gusdorf a écrit ces mots si justes à propos de l’expression, que je me permets d’associer ici à l’idée de création artistique (au sens justement d’expression de soi) : « l’expression pure, dégagée de toute communication, demeure une fiction, car toute parole implique la visé d’autrui ».
Pourtant il ne s’agit pas de préétablir, d’« a prioriser », d’apprivoiser cette réception par l’autre, mais de la désirer, simplement, la plus humaine possible : pour soi, comme la délivrance d’un accouchement, comme l’attente de la rupture du cordon, qui seule marquera le commencement de la vie entière, la naissance de l’agir individuel, au sens d’unique et d’universel à la fois. Pour l’autre surtout : peu importe le devenir de ce que nous y avons mis, ce qui compte est ce que cette nouvelle entité en fera, et ce que cela provoquera à son tour.
Il en va de même de l’acte créateur : point de création sans trans-mission. On risquerait de finir le cordon desséché et roulé autour de notre nombril, sans extension de soi au domaine de l’agir, sans altérité nourricière, cet autre dont la différence, comme la mienne pour lui, interroge, transcende, appelle, courtise, séduit ou effraie tour à tour.
L’acte créateur doit en cela s’inscrire dans le réel (la fiction puisse-t-elle être parfois son habit), directement ou indirectement, au sein des pratiques (sans jamais se confondre avec les moeurs), au coeur du quotidien, en tant qu’espace et temps de l’agir et de la transmission de la parole, c’est-à-dire dans une contemporanéité efficiente qui l’inscrit hors du temps et de l’espace individuel, dans celui de l’échange art-travers : « le langage n’est pas un monde pour lui-même. Parce que nous sommes dans le monde, nous tentons de nous y orienter sur le mode de la compréhension et nous avons quelque chose à dire, une expérience à porter au langage et à partager » (Paul Ricoeur). Mythique, au sens où Mircea Eliade définissait cette notion de mythe, la démarche créatrice est une réitération d’un acte fondateur de ma relation à autrui (et à moi-même), qui implique une expression qui regroupe l’autre et moi-même au sein d’un langage commun, quelle que soit sa substance. En cela le langage de l’agir est le seul avenir tant de la création que de son créateur : inscrite non tant dans l’attente de celui qui la perçoit que dans ce désir d’échange qui fonde sa légitimité, elle est au-delà de l’oeuvre pour elle-même le point de départ d’une nouvelle cartographie des sensibilités écoutées et transmises, un paysage, qui n’a rien à voir avec le pseudo – réel que nul ne saurait définir, un espace de prolongement de soi vers l’autre où ce dernier, en transhumance, vient partager ma pitance ou ma soif, ce fameux paysage, si bien défini par Alain Roger. J’ai longtemps travaillé sur cette relation de l’homme au pays, sur cette projection expressive de soi vers l’autre, mais le plus fascinant de cette démarche au combien naturelle et quotidienne d’ailleurs, pour chacun de nous, est moins le retour d’influence sur moi-même de ce que je projette dans le monde que la magie de cette dialectique avec l’autre qui fonde notre espace commun, où les possibles individuels comme les valeurs de groupe sont à redéfinir à chaque action. L’art(c)tualité ?
Nous en parlions avec le Mister Vince ces jours ... une (re)découverte par hasard sur le net ... Grinder ... quoi ? Nick Cave ? Encore un projet fumeux du rocker ... eh bien, plutôt que de vous le chroniquer "en retard", voici l'article signé par Philippe pour LiveInMarseille.com :
" Grinderman (Nick Cave & Co) - Grinderman (2007) écouté par Philippe
Nick Cave est apparu dans notre vie en 1987, dans le film Les Ailes du Désir : l'irruption de deux chansons de rock déglingué et rageur (lancinantes From Here to Eternity et The Carny) joué par un grand type maigre au visage émacié, fut un choc artistique frontal dans notre univers depechemodisé ! Depuis ce temps et avec une formation variable autour de lui (généralement appelée The Bad Seeds et organisée autour du fidèle guitariste Mick Harvey), le dandy sort régulièrement des albums de pop-rock sombre, lunaire et débraillé, qu'attendent ses fans peu nombreux mais fidèles, dont on fait plus ou moins partie.
A vrai dire on avait surtout été frappé par le diptyque Murder Ballads / The Boatman's Call, sortis l'un après l'autre il y a dix ans, et marquant un spectaculaire changement de style. Moins par les albums récents, comme Nocturama ou Abattoir Blues : trop pop, trop de piano et de gospels, plus assez de gratte, de noirceurs et de grincements… on pensait l'australien un peu lessivé. Et voici donc une nouvelle inespérée : cette fois-ci et sous le pseudonyme de GrinderMan (le rémouleur, autrement dit, le type qui se balade avec des couteaux aiguisés…), Nick Cave, le grand, le vrai, est de retour !
Relooké cowboy (moustaches et cheveux longs) pour l'occasion, il s'est enfermé dans un garage avec d'autres bêtes hirsutes, pour jouer du rock sec et hargneux, râclé jusqu'à l'os : Get It on, où la guitare n'est qu'un vrombissement, les percus et les notes de piano un écrin brut à ses aboiements, ouvre les hostilités. Suit une déclaration de guerre à la gent féminine (thématique récurrente de l'album) : No Pussy Blues, râlerie furibarde sur un harcèlement de batterie et de Korg vrombissant. La fascinante Electrique Alice, ballade blues méphitique, se transforme en un menaçant Grinderman, appuyé sur une guitare toute Reznorienne.
Sa relation aux femmes va de la supplique Don't set me free à Decoration Day, désespoir auprès d'une femme qui ne le reconnait plus : déception sur déception. Du coup Nick se défoule avec ses potes sur des rock garage nerveux : Love Bomb et la fascinante Honey Bee. Il en tire une conclusion logique sous forme de manifeste politico-misogyne assez drôle : Go tell the Women (we are leaving). 'Une gonzesse de perdue, c'est dix copains qui reviennent', disait le chanteur énervant.
Puisqu'il n'aime plus les femmes, et pas encore les garçons, personne ne sait si un jour Nick Cave recomposera une ballade aussi sublime que le Cantique gothique Where the Wild Roses Grow (grâce auquel il a probablement sauvé Kylie Minogue des enfers). En tout cas la dépouillée Man on the Moon et son orgue, et la plus orchestrale Rise, toutes deux chantées à la limite du décrochement, sont en tous points superbes et bouleversantes.
Et le trip se finit sur une version alternative de Get it On, encore plus barrée et sexy que la première, dans un studio qu'on imagine ravagé et des musiciens qu'on imagine speedés, à tous les sens du terme. Alors entre son retour à un rock garage original, déconcertant et agressif, et son inspiration retrouvée en envolées lyriques, Grinderman réhabilite largement l'image de Nick Cave en nous offrant un de ses albums majeurs, et qui (ré)ouvre des perspectives passionnantes à la suite de sa carrière. "
Bonne écoute à tous ...
Jeff
Le 12 mai prochain, ils vont enflammer l'Elysée Montmartre ... c'est le grand retour scénique et discographique des maîtres du Stoner Rock de très grande qualité : Queens Of the Stone Age (QOTSA pour les intimes) !
Rendez-vous sur www.qotsa.com pour écouter “3’s & 7’s” extrait de Era Vulgaris, leur nouvel album, dans les bacs le 12 juin 2007 et dont voici les titres dévoilés :
01 Turnin on the Screw
02 Sick, Sick, Sick
03 I'm Designer
04 Into the Hollows
05 Misfit Love
06 Battery Acid
07 Make It Wit Chu
08 3's & 7's
09 Suture Up Your Future
10 River in the Road
11 Run Pig Run
étapes: 143 - Avril 2007
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Bien sûr, il y a toujours de ci de là des risques d'annulation de dernière minute ou de changements parfois dramatiques ... Gageons que ce ne sera pas le cas, et que les premiers noms mis à l'affiche de l'édition 2007 du Festival du Gaou viendront en effet nous faire rêver, danser, hurler ... Voici donc les susnommés (d'après le site officiel http://www.voixdugaou.com) :
Perso, j'en connais une qui va vibrer à la lecture de ce post : Ayo, Olivia Ruiz ?? On croit rêver ... ^_^
Et voilà ... le Blog Free s'est encore embelli ... d'une magnifique bannière Flash réalisée par ... devinez qui ? Géraldine, bien sûr !! (http://coccibelette.noosblog.fr) ... vous êtes jaloux, einh ??? Ben c'est normal ! Voilà de quoi répondre en tous cas à mon envie d'animation de cette page et de présentation "à ma manière" du contenu (ben oui, il fallait bien que je mette mon grain de sel dans son savoir-faire technique, pour que la mixture prenne ! lol !). Félicitations à toi, ma Gégé et merci de ce travail "de longue haleine" ...
@ bientôt pour de nouvelles aventures techniques !
Philippe Leclerc est l'ami de nos amis ... mais cela n'est pas la seule raison pour laquelle je vous invite, si ce n'est déjà fait, à aller visionner La reine soleil, son dernier film sorti le 04 avril sur nos écrans ... on a vu certains la main à la patte (einh Mister Galataud ?) et les galères ont été nombreuses, qui ont failli avoir pour conséquence que le film ne sorte jamais ... Heureusement, elle est là cette adaptation moderne du best-seller de Christian Jacq (La pyramide assassinée) sur l'Egypte antique ... on y parle religion, on y parle influences politiques et ces deux sujets intemporels sont de rigueur en ces temps modernes d'interrogations tous azimuths ... Il faut bien avoir des billes pour réfléchir, non ? En voici et de très bonne qualité, à mettre entre toutes les mains ... Plus d'infos sur http://www.lareinesoleil-lefilm.com ...
Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18725057&cfilm=59400.html


