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Il s'avère très vite, à la lecture du cinquième roman de Carlos Ruiz Zafon, Le Jeu de l'Ange, que la surprise créée par les premières pages de son prédécesseur, L'Ombre du Vent n'est plus, notamment au regard du nombre de pages du premier roman, qui a laissé au lecteur le temps et la manière pour s'imprégner d'un ton, d'une tournure (d'esprit), d'une atmosphère aussi ; pourtant, il ne faut pas longtemps pour que les pages se tournent seules, que les yeux courent plus qu'ils ne parcourent ce nouveau territoire obscur de la Barcelone intrigante et glauque, où se jouent, au-delà du destin d'un homme, celui d'une nation en phase de basculer dans l'horreur franquiste. Car c'est bien de cela que l'on traite ici, dans le rapport intime que l'histoire, à travers l'individu dans son rapport à la masse, entretient avec les mythes, les croyances, fussent-elles religions, avec les utopies aussi, et le rôle de la parole, écrite, dans ce jeu de manipulation des êtres. Quel que soit son manipulateur, le pantin humain doit démêler plus d'un fil pour se libérer du joug de sa finitude qui le guide, malgré lui, à désirer l'immortalité, à tous prix.
A l'instar de L'Ombre du Vent, ce second chapitre s'inscrit très vite dans cet entre-deux fantastique de l'écriture, qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de ce genre littéraire au XIXème siècle, espace narratif rocambolesque où le lecteur ne parvient pas à discerner la réalité de l'histoire, de celle contée par le personnage ... histoire d'histoires et de faits rapportés, enchevêtrés, complexes, dont la philosophie nous a très vite appris à nous méfier, comme Martin se méfie des faux-semblants qui peuplent sa vie, en commençant, peut-être, par lui-même. Véritable conte d'enfer (qui vaut bien son pesant de féérie), où le héros et ses adjuvants, pour reprendre le terme de Betelheim, parmi lesquels on retrouve notamment David Sempere et son père, un certain médecin, un gardien d'un certain Cimetière des Livres oubliés et d'autres personnages hauts en couleurs du premier volet, épaulés de quelques nouveaux, vont s'affronter à des visages et des évènements plus noirs que jamais. D'ailleurs, la présence du fils Sempere, héros du premier roman, épaissit de l'acidité et de la noirceur du premier tome ce nouveau volet barcelonnien, et s'en trouve enrichi, en retour, de ce Jeu de l'Ange qui, en éclairant la période pré-franquiste, met en lumière de fait l'origine de sa propre déraison.

Carlos Ruiz Zafon instruit ici une oeuvre riche, passionnante et passionnée, où la femme, intelligente, sensible et fragile, sous ses apprences multiples, Christina, Isabella, et bien d'autres de tous âges, tous horizons, plus ou moins saines, mais toujours sincères, se présente en garde-fou de la folie des hommes. Si la triangulation du désir, dont les mécanismes ont été si bien expliqués par René Girard dans son Mensonge romantique et vérité romanesque, trouve dans ce roman un incontestable espace d'expression, force est de constater que les personnages de ce jeu maléfique, dépassent aisément le simple enjeu de la passion amoureuse, voire de la Passion religieuse, pour entrer, avec leur complexe humanité, dans l'Amour de la Vie, qui invite à tant de sacrifices ...
Zafon gonfle, fait mousser puis déverse un flot intarissable de mots, de pages, d'ambiances, de personnages, de rencontres, d'événements en tous genres, flirte ainsi avec la noirceur d'un Dickens bien sûr, jongle avec les styles et pique à vif les genres les plus divers, du policier au fantastique mystérieux d'un Edgar Allan Poe, en passant par la magie romantique d'un Chateaubriand, par le roman historique, l'écrit mystique (on pense aux tablettes gravées et illustrées de William Blake), sans oublier le roman-feuilleton, dont les publications scandées du jeune Martin, journaliste et écrivain, sont d'une certaine manière les autocomplaisances voire les autocritiques.
Sans entrer dans le débat d'une reconnaissance internationale et d'une réussite plus généralement, il ressort de cette nouvelle parution que Carlos Ruiz Zafon, loin du marcotage, que certains lui prédisaient, de ses propres lauriers, parvient à ajouter une pierre à l'édifice de sa Comédie Humaine à lui, solide, parfaitement ancrée dans une perception à la fois personnelle et universelle de la fragilité humaine, de la déraison aussi, quelque part au bord du gouffre de l'horreur, suspendu ... et c'est cette suspension, cette attente dans laquelle nous nous trouvons qui fait l'incommensurable richesse de son écriture et de son échange sincère avec le lecteur.




C'est en écoutant la chanson de John Lennon, que Bernar Yslaire imagine la rencontre d'un juif et d'une beurette. Le temps d'une histoire d'amour improbable, le temps d'une guerre réelle. À l'instar de Yoko Ono et John Lennon, manifestant nus pour la paix en pleine guerre du Vietnam, Bernar Yslaire organise le huis-clos violent, cru et amoureux, de la confrontation de deux cultures, de deux religions, de deux vécus différents.17 mars 2003, ...[avant]
Soixante ans après la Shoah, trois jours avant le début de la guerre en Irak, Jules Engell Stern rencontre Fadya. Il est juif khazar, elle est beur, islamiste. Lui est de passage à Bruxelles, cherche son frère, attend sa soeur. Elle, prépare un attentat suicide au milieu d'une manifestation pacifiste. Jules invite Fadya dans sa chambre, au Hilton, 25e étage avec vue sur le ciel, au-dessus de Bruxelles. Contre toute attente, elle accepte.
Imagine...
Que tu sois fragile ou énergique, futile ou esthète, je te devais bien ça ...
Parcours sans faute ou presque, de celles qui vous rappellent votre humanité, sans doute ...
Voyage sans faille que celle du temps, où je me suis perdu parfois, le temps d'une exploration des sens, des sons, le temps d'une nuit, à la lumière de mes désirs et de mes émerveillements ...
Errance un rien poétique sous les étoiles et toiles tendues où dessiner le visage sans nom de l'une ou de l'autre , de toutes celles dont la voie lumineuse a su éclairer, un instant, mon propre chemin.
A vous toutes et à toutes celles que j'oublie, volontairement ... parce que j'aime le mystère de la reconnaissance inattendue ! lol !
Je vous recommande la lecture d'un article fort intéressant, signé Catherine Coquery-Vidrovitch, professeur d'université, à Paris, recueili au sein des non moins intéressants Cahiers d'études africaines, et dont voici la référence : Catherine Coquery-Vidrovitch, Procès au féminin et changements de société, Cahiers d'études africaines, Les femmes, le droit et la justice
http://etudesafricaines.revues.org/document7732.html
Bonne lecture à toutes et tous ...



