38 posts tagged “littérature”
Pour 2010, en guise de premier collavoyage, je vous propose ce petit texte ...
Je l'ai senti s'étirer l'autre nuit, comme si l'on avait cousu son extrémité à mon nombril et qu'on l'avait laissé filer, avec le reste, au gré des vents, dans l'entrebailement d'une de ces fenêtres ouvertes sur soi ... ou en soi. ça tiraillait tout juste, pas vraiment mal, parce qu'il y avait en fond ce son tendu comme un arc, cette imperturbable linéarité de ce qui ne saurait être mu : et l'un flottant autour de l'autre, comme les variations sur un même thème, c'était un peu de la bande originale de ma vie qui s'étiolait dans l'air brut, sans âme et sans odeur de la pièce. J'aurais voulu le corps, j'aurais voulu l'esprit, pour que l'un et l'autre suent la sève sublime de leur rencontre, en un point où de fil il n'est plus, que la courbure que l'on veut bien donner au monde pour qu'il nous ressemble ... c'est dans ces instants-là que les scènes, les points de vue, les cadres surgissent ... et c'était comme si lui-même était une personne légèrement différente dans chacun de ces cadres. Son intuition lui soufflait que ce compartimentage était une bonne chose, qu'il lui permettait de protéger la source la plus précieuse, la plus intime de la seule force qu'il possédât, la musique. Ce n'était qu'avec la musique, baigné en elle, qu'il se sentait vraiment en sécurité. Elle seule avait le pouvoir de le sortir de lui-même, de le soulager de son propre fardeau (1). N'était-ce pas cela l'infinité de soi, cette capacité moins à être libre qu'à connaître les chaînes qui vous entravent, à savoir où est la clef, comme on s'ébroue de sentir au fond de sa poche, tandis que tant d'autres la cherchent, la carte figurant où l'on a lâchement enterré sa véritable intimité.
Le voici donc ce fil qui vole et qui s'accroche un peu aux branches, de ci, de là, puis s'enroule et serre, se resserre, asphyxie sa propre autonomie, réaliste, sévère, puissant, complètement maître, croit-il, de ses errances : puis la sensation se dissipa. Il respira lentement, entra et tourna vers l'angle qu'il lui restait à observer, caché derrière la porte. (...) et ce qu'il vit fallit lui faire pousser un cri. Assis sur une chaise, de dos, un homme attendait.(2) Lorsque je me levai, la nuit avec les barreaux dans les côtes se rapela au souvenir de mes muscles abdominaux endoloris. Mais j'étais là, bien là, près à me lever, parce que l'horloge indiquait 8 heures en ce jour de nouvel an, sur cette nouvelle page, avec ce nouveau cadre et rien dedans.
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(1) Extrait de Conroy (Frank), Corps et âme, Editions Gallimard, 1996, p.266
(2) Extrait de Somoza (José Carlos), La Dame n°13, Actes Sud, 2005, p.404
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NB : Si vous souhaitez créer un collavoyage à votre tour et le poster, merci de respecter vos sources en les marquant et citant avec leurs références - c'est aussi respecter le lecteur qui découvre d'autres oeuvres par ce biais - et soi-même, par honnêteté intellectuelle. Pensez à taguer votre post avec le terme "collavoyage".
Jean Teulé, c'est cette plume franche, presque tranchante, ce ton presque joueur, ludique, jamais machiavélique, celui qui guidait à son Magasin des suicides, celui qui torturait la mémoire d'un François Villon, celui qui traînait ses pieds avec gavroche pas si loin de Verlaine ... et chacun des romans de cet auteur qui m'est passé entre les mains m'a laissé un goût de "revenez-y" comme on dit par ici ; parce que ces personnages sont un peu de moi, un peu de vous, beaucoup de nous ... parce que ses figures quasi-historiques sont comme ces pilotis en mer qui maintiennent moins le bateau dans son chenal que ce qu'ils invitent, depuis l'espace mouvant où l'on se trouve, en marelle aquatique, à briser, à notre manière, l'écume des jours, plic plac ploc, en sautillant sur l'eau, comme d'aucun aurait marché, pour rejoindre le grand bleu, pour que linéarité rime non plus avec frontière mais avec horizon ... et c'est cet espace à être, vulgaire (au sens étymologique du terme), dénudé, un peu "fou", c'est-à-dire incompréhensible des autres, que tente de conquérir Robert, le personnage principal de Rainbow pour Rimbaud ...
Comment faut-il l'appeler ce géant tout droit sorti de la poétique rimbaldienne, qui, au-delà d'une réappropriation de l'historique vie malsaine, mortelle mais au combien sublimement humaine du jongleur de voyelles colorées, incarne au sens physique et philosophique du terme, dans son voyage extatique, son individualité propre ? Peu importent les noms, les mots en-deça de la réalité vécue : il faut passer au-delà .... de l'autre côté du Je, de cet autre dont tant ont parlé mais que si peu ont affronté ... et Jean Teulé (s'est-il fait voyant comme le réclamait l'homme aux semelles de vent, pour capter l'intensité de cette transfiguration ?) a suivi ce parcours chaotique, désertique d'un homme de terre, qui trouve dans la femme - végétal, son buisson-ardent, le langage de l'éclosion de ses désirs : ludiques, physiques, historiques, symboliques, presque eschatologiques.
Cet entrelas poétique, au sens littéraire bien sûr, au sens socio-ethnologique aussi (la poéticité insulaire, multiple et complexe, a une importance considérable dans son écriture : géographie, climat, ambiance, point de vue, paysages, personnages, croyances, langage, rapport au temps, références historiques), fait de ces anti-héros historiques les figures de proue de ce voyage au pays de l'autre ... les Tristan et Iseult de cet acharnement à faire sautiller la vie, de strophe en strophe, jusqu'au paradis de la finitude physique comme commencement ...
Quelle perception féconde de la poésie rimbaldienne ! Osée, défigurée, au sens où le petit Poucet Rêveur égrenant dans sa course des rimes fait d'une Saison en Enfer son pain quotidien ... Au creux de ses forteresses de fortune, toujours trop étroites et étriquées pour lui, entraves plus qu'étraves, qui pointe au loin le désir de plus (+) être, quite à n'être plus. Comme Rimbaud a échoué à Marseille en morceaux, Robert s'échoue, physiquement, tandis que l'arc-en-ciel de ses renoncements, de ses désillusions, de son acharnement à être, à fuir la facilité, à renier les faux-semblants, est une jambe de couleur et de vie déjà plantée de l'autre côté du miroir ...
Il s'avère très vite, à la lecture du cinquième roman de Carlos Ruiz Zafon, Le Jeu de l'Ange, que la surprise créée par les premières pages de son prédécesseur, L'Ombre du Vent n'est plus, notamment au regard du nombre de pages du premier roman, qui a laissé au lecteur le temps et la manière pour s'imprégner d'un ton, d'une tournure (d'esprit), d'une atmosphère aussi ; pourtant, il ne faut pas longtemps pour que les pages se tournent seules, que les yeux courent plus qu'ils ne parcourent ce nouveau territoire obscur de la Barcelone intrigante et glauque, où se jouent, au-delà du destin d'un homme, celui d'une nation en phase de basculer dans l'horreur franquiste. Car c'est bien de cela que l'on traite ici, dans le rapport intime que l'histoire, à travers l'individu dans son rapport à la masse, entretient avec les mythes, les croyances, fussent-elles religions, avec les utopies aussi, et le rôle de la parole, écrite, dans ce jeu de manipulation des êtres. Quel que soit son manipulateur, le pantin humain doit démêler plus d'un fil pour se libérer du joug de sa finitude qui le guide, malgré lui, à désirer l'immortalité, à tous prix.
A l'instar de L'Ombre du Vent, ce second chapitre s'inscrit très vite dans cet entre-deux fantastique de l'écriture, qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de ce genre littéraire au XIXème siècle, espace narratif rocambolesque où le lecteur ne parvient pas à discerner la réalité de l'histoire, de celle contée par le personnage ... histoire d'histoires et de faits rapportés, enchevêtrés, complexes, dont la philosophie nous a très vite appris à nous méfier, comme Martin se méfie des faux-semblants qui peuplent sa vie, en commençant, peut-être, par lui-même. Véritable conte d'enfer (qui vaut bien son pesant de féérie), où le héros et ses adjuvants, pour reprendre le terme de Betelheim, parmi lesquels on retrouve notamment David Sempere et son père, un certain médecin, un gardien d'un certain Cimetière des Livres oubliés et d'autres personnages hauts en couleurs du premier volet, épaulés de quelques nouveaux, vont s'affronter à des visages et des évènements plus noirs que jamais. D'ailleurs, la présence du fils Sempere, héros du premier roman, épaissit de l'acidité et de la noirceur du premier tome ce nouveau volet barcelonnien, et s'en trouve enrichi, en retour, de ce Jeu de l'Ange qui, en éclairant la période pré-franquiste, met en lumière de fait l'origine de sa propre déraison.

Carlos Ruiz Zafon instruit ici une oeuvre riche, passionnante et passionnée, où la femme, intelligente, sensible et fragile, sous ses apprences multiples, Christina, Isabella, et bien d'autres de tous âges, tous horizons, plus ou moins saines, mais toujours sincères, se présente en garde-fou de la folie des hommes. Si la triangulation du désir, dont les mécanismes ont été si bien expliqués par René Girard dans son Mensonge romantique et vérité romanesque, trouve dans ce roman un incontestable espace d'expression, force est de constater que les personnages de ce jeu maléfique, dépassent aisément le simple enjeu de la passion amoureuse, voire de la Passion religieuse, pour entrer, avec leur complexe humanité, dans l'Amour de la Vie, qui invite à tant de sacrifices ...
Zafon gonfle, fait mousser puis déverse un flot intarissable de mots, de pages, d'ambiances, de personnages, de rencontres, d'événements en tous genres, flirte ainsi avec la noirceur d'un Dickens bien sûr, jongle avec les styles et pique à vif les genres les plus divers, du policier au fantastique mystérieux d'un Edgar Allan Poe, en passant par la magie romantique d'un Chateaubriand, par le roman historique, l'écrit mystique (on pense aux tablettes gravées et illustrées de William Blake), sans oublier le roman-feuilleton, dont les publications scandées du jeune Martin, journaliste et écrivain, sont d'une certaine manière les autocomplaisances voire les autocritiques.
Sans entrer dans le débat d'une reconnaissance internationale et d'une réussite plus généralement, il ressort de cette nouvelle parution que Carlos Ruiz Zafon, loin du marcotage, que certains lui prédisaient, de ses propres lauriers, parvient à ajouter une pierre à l'édifice de sa Comédie Humaine à lui, solide, parfaitement ancrée dans une perception à la fois personnelle et universelle de la fragilité humaine, de la déraison aussi, quelque part au bord du gouffre de l'horreur, suspendu ... et c'est cette suspension, cette attente dans laquelle nous nous trouvons qui fait l'incommensurable richesse de son écriture et de son échange sincère avec le lecteur.




C'est en écoutant la chanson de John Lennon, que Bernar Yslaire imagine la rencontre d'un juif et d'une beurette. Le temps d'une histoire d'amour improbable, le temps d'une guerre réelle. À l'instar de Yoko Ono et John Lennon, manifestant nus pour la paix en pleine guerre du Vietnam, Bernar Yslaire organise le huis-clos violent, cru et amoureux, de la confrontation de deux cultures, de deux religions, de deux vécus différents.17 mars 2003, ...[avant]
Soixante ans après la Shoah, trois jours avant le début de la guerre en Irak, Jules Engell Stern rencontre Fadya. Il est juif khazar, elle est beur, islamiste. Lui est de passage à Bruxelles, cherche son frère, attend sa soeur. Elle, prépare un attentat suicide au milieu d'une manifestation pacifiste. Jules invite Fadya dans sa chambre, au Hilton, 25e étage avec vue sur le ciel, au-dessus de Bruxelles. Contre toute attente, elle accepte.
Imagine...
Voilà un travail qui devrait râvir, au-delà des simples fans, quelque lecteur particulier du nom de Jérôme, si je ne m'abuse ...
Isabelle Pantin, Tolkien et ses légendes. Une expérience en fiction
Paris : CNRS Editions, coll. "Médiévalisme(s)", 2009.
Présentation de l'éditeur :
Écrivain, poète, professeur d'université. Qui était vraiment J.R.R. Tolkien ? Que n'a-t-on prétendu sur celui qui est considéré comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle et dont l'oeuvre continue de fasciner des milliers de lecteurs.
Étudiant de près la vie et les écrits du maître, interrogeant ses amitiés, ses goûts littéraires et ses choix esthétiques, revenant sur les étapes de sa formation universitaire et littéraire, analysant ses réactions aux événements du temps, Isabelle Pantin replace Le Seigneur des anneaux dans le contexte des années de sa création !
Elle étudie aussi la dynamique de l'oeuvre même de Tolkien, l'entreprise d'une vie, entre la Première Guerre mondiale et les années soixante, tout en montrant son caractère singulier et moderne, ses dimensions multiples, de la poésie au mythe, du conte au roman d'aventures.L'auteur :
Isabelle Pantin est professeur de littérature française à l'École normale supérieure (Ulm) et chercheur associé à l'Observatoire de Paris. Elle travaille sur les relations entre la littérature, la philosophie et l'histoire de la cosmologie.
Premier titre d'une collection dirigée par Vincent Ferré. La collection "Médiévalisme(s)" entend étudier la réception du Moyen Âge aux siècles ultérieurs (XVIe-XXIe), dans le domaine des arts et de la littérature, en privilégiant une approche théorique et historique.
Et, une fois n'est pas coutume, un petit détour par le fantastique, les fantômes, le monde de l'étrange et tout un tas de choses bien inspirées et fort intéressantes ...
Otrante n°25 : Hantologies : les fantômes et la modernité
Sous la direction de Raphaëlle Guidée et Denis Mellier
Éditions Kimé, Printemps 2009, 172 pages.
ISBN : 9782841744916
Présentation de l'éditeur :
À l'origine de ce numéro d'Otrante, une évidence : les fantômes sont omniprésents dans la littérature, le cinéma et l'art contemporains. Au-delà des territoires habituels du fantastique, ils apparaissent communément sous la plume des écrivains et sur l'écran des cinéastes pour désigner les métamorphoses de l'individu, les effets de retour de la violence historique, la magie blanche des techniques d'enregistrement du réel ou encore les paradoxes de la fiction. C'est désormais un lieu commun de désigner notre modernité comme hantée.
Or cette multiplication des rôles et des figures du fantôme se comprend mieux quand on la met en relation avec la prolifération simultanée de la métaphore spectrale dans l'élaboration des discours théoriques et critiques sur la modernité. Rejeté dans les temps révolus d'une histoire mythique ou dans l'ailleurs lointain des sociétés primitives, le fantôme se définit en marge de la modernité et pour ainsi dire contre elle. Et pourtant, la figure spectrale devient dans le même temps une métaphore centrale du discours historiographique, philosophique ou psychanalytique. On assiste ainsi à un curieux renversement, qui fait d'une fiction marginale – définie génériquement comme une sortie des territoires de la raison, et historiquement comme un contrepoids au triomphe de la rationalité des Lumières – un outil heuristique central pour penser et représenter les paradoxes de notre temps.
De Kierkegaard à Derrida, de Barthes à Didi-Huberman, ce numéro cherche à éclairer, mais aussi à critiquer, les présupposés théoriques de la mélancolie qui préside à l'apparition des fantômes dans les figurations littéraires du deuil (Nooteboom, Sebald, Heaney, Guyotat), dans la réception contemporaine du cinéma muet (Auster, Llamazares), ou encore dans l'évolution récente du western hollywoodien (Eastwood, Dominik). Définir la modernité comme un temps des fantômes, c'est donc s'ouvrir à la complexité d'un présent dans lequel se mêlent et s'hybrident des spectres de tous les temps et de tous les lieux, à la difficulté d'une histoire anachronique des formes et des êtres, à l'impureté d'une époque traversée par de multiples revenances. C'est alors sur le modèle d'une hantologie évidemment paradoxale et instable plutôt que sur celui de l'ontologie traditionnelle que l'on tente ici de définir le devenir inassignable du moderne.
http://www.editionskime.fr/fr_une.htm
Adresse : Revue Otrante Éditions Kimé 2 impasse des peintres 75002 Paris
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C. Palacios Bernal (dir.), Le Récit fantastique en langue française de Hoffmann à Poe
El relato fantastico en lengua francesa de Hoffmann a Poe
Valencia (Espagne) : Esser editorial, 2009, 214 p.
ISBN 978-84-92488-44-5
Sommaire :
- Concepción Palacios Bernal, « Introducción »
- René Godenne, « La vraie place du fantastique dans la production de nouvelles du XIXe siècle »
- Thierry Ozwald, « Nouvelle et fantastique : repérages et mises au point »
- Antonio José de Vicente-Yagüe, « Le Songe de Loaisel de Tréogate, un relato fantastico de finales del siglo XVIII »
- Encarnación Medina, « Smarra ou l'attitude prométhéenne chez Nodier : entre l'étude et l'inspiration »
- Pedro Salvador Mendes, « Balzac y las ciencias de su tiempo : revisión y estudio de la dimensión cientifica de lo fantastico balzaquino »
- Concepción Palacios, « Petrus Borel y Gottfriend Wolfgang »
- Ana Alonso, « El relato onirico en Jettatura de Théophile Gautier »
- Carmen Camero, « La configuración de los fantastico en los relatos de Théophile Gautier : El caso de Jettatura »
- Pedro Pardo, « Le positif du fantastique : L'Homme aux figures de cire de Champfleury »
- Marta Giné, « L'Évolution du fantastique chez Villiers de L'Isle-Adam »
- Noëlle Benhamou, « Crispinus ou l'Histoire interrompue d'Erckmann-Chatrian : ou comment (ne pas) écrire une fantaisie romantique »
- Rosa de Diego, « Lo fantastico en el cuento decadente »
- Inmaculada Illanes, « La Main du conteur : la construction du fantastique chez Maupassant »
- Yvon Houssais, « Coeur double de Marcel Schwob : une réécriture des Histoires extraordinaires d'Edgar Poe ? »
Responsable : Concepción Palacios Bernal
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G. Girard (dir.), Territoires de l'étrange dans la littérature irlandaise au XXe siècle
Textes réunis par Gaïd Girard
Rennes : PUR, coll. "Interférences", 2009, 280 p.
Domaines : Littérature XXe siècle, Études irlandaises
ISBN : 978-2-7535-0842-2
Introduction (Fichier pdf, 558 Ko)
Table des matières (Fichier pdf, 550 Ko)
Les auteurs (Fichier pdf, 558 Ko)
Au-delà d'un imaginaire légendaire connu et d'une tradition gothique qui, de Melmoth à Dracula, a durablement marqué le fantastique européen, la littérature irlandaise contemporaine a inventé de nouvelles formes d'expression de l'inquiétude et du spectral. Qu'il s'agisse des résurgences d'une histoire longtemps occultée ou d'une appréhension subtile des seuils du réel, les écrivains irlandais du XXe siècle ont cartographié des territoires de l'étrange toujours troublants, quelquefois drôles, souvent implacables. De Elisabeth Bowen à Eavan Boland, de Beckett à Banville en passant par William Trevor, John McGahern ou Ciaran Carson.
Gaïd Girard est professeure de littérature irlandaise et britannique à l'université de Brest. Elle est spécialiste de fantastique de langue anglaise et elle a publié entre autres une monographie sur Sheridan le Fanu, ainsi que de nombreux articles sur le cinéma.
http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2116
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Rappelons les extraordinaires travaux récoltés et synthétisés par Le Fantastique.net sur le côté théorique, ainsi que leurs chroniques BDs et autres ... un site incontournable !
Un essai très intéressant, là encore, dans l'apprentissage du métissage des voix, des écritures et des pensées, pour rejeter les frontières au carcan des inopérantes limitations de l'esprit et s'ouvrir à la parole, transmise, reçue, vécue ...
Migrations des religions entre Orient et Occident
Maria Chiara Gnocchi
À la source de cet ouvrage réside une constatation surprenante peut-être vis-à-vis de l’opinion commune, mais qui constitue un point ferme pour les chercheurs experts en la matière : les religions les plus importantes ont toujours circulé entre l’Asie et l’Europe ; qui plus est, elles se sont transformées au fur et à mesure de ces contacts, leurs légendes et leurs symboles ont migré d’un credo à l’autre en même temps que des conversions (croisées) se réalisaient. Sporadiques jusqu’au xvie siècle, ces échanges s’intensifient par la suite, avant de connaître, à partir de la seconde moitié du xixe siècle, une multiplication inédite, « entraînant la mise en place progressive de ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler la mondialisation, mais favorisant aussi ici et là un intérêt accru pour les religions de l’autre et finalement un brouillage de leurs frontières » (d’après l’introduction, p. 4). Si les « migrations » des religions à l’intérieur de ce que Muriel Détrie appelle, de manière significative, « le continent eurasien » (qui serait donc un, dans sa diversité) sont un fait irréfutable, surtout au xxe siècle, de nombreuses interrogations peuvent être posées quant aux modalités, aux implications et aux conséquences de ces contacts. Spécialiste des littératures chinoise et japonaise, aussi bien que des relations littéraires entre l’Occident et l’Extrême-Orient, Muriel Détrie a eu l’idée de convoquer l’éclairage de la littérature sur ces questions complexes et particulièrement délicates : en effet, si dans les dernières années les débats se sont échauffés à propos des rapports – féconds ou conflictuels – entre les différentes religions, l’apport de la littérature a été trop souvent sous-estimé à cet égard.
C’est donc aux modalités dont « la littérature moderne a […] reflété, accompagné, voire modelé l’évolution des rapports entre l’Orient et l’Occident en matière religieuse tout au long du xxe siècle » qu’ont été invités à réfléchir les participants au colloque dont ce volume publie les actes, organisé par le Centre d’Études et de Recherches Comparatistes (CERC) de l’université Paris III et le Centre de Recherche en Littérature Comparée (CRCL) de l’université Paris IV (Sorbonne, 6-8 février 2003). Il en résulte un livre volumineux, riche de vingt contributions très fécondes, divisées en quatre parties.
Les protagonistes de la première partie sont les écrivains européens qui, de la fin du xixe siècle aux premières décennies du xxe, ont remis en cause leur perception de l’Orient (dans un premier moment, non exempte de préjugés) à la suite de leurs voyages en Asie, traduisant ensuite dans leurs œuvres respectives l’éventail des religions pratiquées dans ce continent. C’est le cas d’André Chevrillon qui, ayant voyagé en Inde, constate non sans inquiétude le mouvement d’occidentalisation en cours, particulièrement dangereux pour les civilisations asiatiques traditionnelles, qui se dénaturent et se désubstantialisent par la volonté des autochtones d’imiter les coutumes étrangères. Ce sont inversement les « tendances natives » qui intéressent l’écrivain, dans toute leur pureté. Ainsi que Jean-François Durand le fait remarquer, Chevrillon est sensible aux différences entre bouddhisme et hindouisme, deux religions que l’auteur s’efforce de saisir dans leur essence originaires, sans les faire passer par le filtre des critères hérités de la tradition occidentale. Henri Copin ne s’attache pas à un écrivain en particulier, mais aux auteurs qui ont décrit, dans des œuvres documentaires ou de fiction, les différentes pratiques religieuses des pays de l’ancienne Indochine (Cambodge, Laos et Viêt-Nam, pays, ce dernier, sur lequel l’auteur se concentre en particulier). Dans tous les cas analysés, on assiste à un « questionnement » opéré par ces religions « autres » sur les Européens, dès lors invités à réévaluer leur supposée supériorité civilisatrice. L’article de Sukehiro Hirakawa porte sur le shintô, la plus ancienne religion du Japon ; incompris par la plupart des observateurs étrangers, il fut saisi dans son authenticité par deux écrivains : Lafcadio Hearn et Paul Claudel. On ne s’étonnera pas trop que le très catholique Claudel soit parvenu à restituer de façon si « compréhensive » une religion qui ne présente aucun point commun avec la sienne : dans la contribution suivante, Yvon Daniel démontre en effet que, contrairement à une opinion répandue, le catholicisme de Claudel ne lui empêchait pas d’intégrer des éléments des spiritualités orientales à sa vision du monde. Le poète-diplomate a découvert et longtemps médité à la fois le bouddhisme, l’hindouisme, le confucianisme et le taoïsme, et l’écho de ces religions n’est pas absent dans son œuvre. La dernière étude de cette première partie, réalisée par Yves Clavaron, porte sur l’écrivain anglais E. M. Forster, auteur de A Passage to India, très ouvert à l’altérité religieuse de l’Inde et conquis en particulier par l’hindouisme, qui lui apparaît comme une religion susceptible de faire la synthèse de toutes les autres.
Dans la deuxième partie, la question est posée de la compatibilité des religions orientales avec les valeurs occidentales. C’est dans les années 1920 qu’un large débat se développe autour de cette question. En dépit du simplisme manifesté par certains penseurs qui font coïncider l’Orient avec le mysticisme et l’Occident avec la seule pensée rationaliste, de nombreux écrivains modulent cette (prétendue) opposition de manière bien plus complexe et dès lors intéressante. Patrick Laude nous montre, par exemple, comment différents auteurs, chrétiens les uns, agnostiques les autres, ont su concilier le taoïsme avec leurs propres valeurs. Marguerite Yourcenar fut, elle, particulièrement marquée par le bouddhisme zen et par son idéal de simplicité primitive, proche de l’état naturel de l’existence. Selon la lecture proposée par Pacharee Sudasna, le personnage de Nathanaël, protagoniste d’Un homme obscur (œuvre qu’on peut considérer comme le testament spirituel de Yourcenar), correspond au portrait du sage zen, homme simple, humble, indolent, au cœur limpide. Avec Nathanaël mûrit, chez la romancière, l’idée de la vanité du langage et de toute formulation logique ou systématique de l’esprit, typique du rationalisme occidental. De cette auteure célèbre on passe à des noms moins connus, comme celui du poète ermite Michel Jourdan (« poète d’Orient et d’Occident » étudié par Pascale Montupet) ou celui du romancier taïwanais Wang Wenxing, converti au christianisme et ayant hérité de la civilisation occidentale un esprit rationaliste et scientifique (l’analyse est de Sandrine Marchand). Régis Poulet, dont on connaît l’étude très fouillée L’Orient : généalogie d’une illusion (2003), consacre sa contribution à ce volume à Kenneth White (NDLR : C'est moi qui trace ici le lien vers notre groupe Vox sur Kenneth White), poète et penseur d’origine écossaise qui publie ses œuvres en français. Grand lecteur de textes spirituels orientaux, White interprète les religions asiatiques dans un esprit nietzschéen affranchi de toute religiosité. C’est grâce à Nietzsche, en effet, et à sa contestation de l’idéalisme, que « l’Orient apparut pour ce qu’il était : un surgeon métaphysique profondément enté de l’âme occidentale » (p. 160). Le nihilisme démasque la fascination pour l’Orient qui a si longtemps marqué la littérature européenne et fait apparaître que ce n’était pas « une fascination pour une altérité, pour du “tout autre”, mais une fascination pour l’étrangeté de l’Occident à lui-même » (ibid.). L’approche des penseurs asiatiques de Kenneth White, « poète de l’après Nietzsche », privilégie dès lors la dimension du vide, tandis que l’Occident a le plus souvent voulu aborder l’Orient à partir de la question – ontologiquement opposée – de l’être.
Pour lire la suite de cet article :
Maria Chiara Gnocchi , "Migrations des religions entre Orient et Occident", Acta Fabula, Ouvrages collectifs, URL : http://www.fabula.org/revue/document5104.php
Parmi les publications et recherches dernières, voici quelques idées de pérégrinations mentales auxquelles je vais me laisser aller et que je partage avec vous ... pour plus de détail, rendez-vous sur l'excellent site de Fabula, dont les références vous sont données, à chaque fois ...
Rimbaud décrypté ?
Patrick Thériault
« J’ai seul la clef de cette parade sauvage ». La clausule de Parade donne à rêver, en même temps qu’à douter. Gasconnade métatextuelle ? Expression typique du goût rimbaldien pour la mystification poétique ? Difficile à dire, dès lors que la prendre au sérieux semble impliquer de se prendre à son jeu. Cela n’a pas empêché Paul Claes de se prêter à l’exercice et d’en tirer un jugement conclusif, prétendant même valoir, au-delà de Parade, pour l’ensemble des Illuminations : l’ouvrage qu’il propose, La Clef des Illuminations, entend livrer le « sésame » permettant d’« ouvrir la porte de cette œuvre fermée » (p. 23). Telle est la promesse fabuleuse qu’il affiche, tout en concédant que sa méthode « ne saurait révéler le secret de tous les trésors cachés » (p. 23).
Avant toute considération d’analyse, la première découverte qui attend le lecteur tient à l’herméneutique résolument positive, par moments positiviste, promue par l’auteur. Herméneutique qui jure avec l’audace expérimentale à laquelle on en est venu, à la faveur de lectures parfois abusives et anachroniques il est vrai, à associer les Illuminations. Rien de moins « moderne », de fait, que la référence au paradigme de la porte et de la clef, du code et du décodage, de la crypte et du décryptage, de l’enfouissement et de la mise au jour, qui sous-tend ici la conception du texte rimbaldien et son interprétation. L’auteur sanctionne ce schématisme herméneutique au nom du sens commun. D’une manière pour le moins tranchée, il oppose son opération de « décryptage rationnel » au « parti pris de l’interprétation contemporaine qui se veut fragmentaire, polyphonique ou paradoxale » (p. 10). Il ne s’agit pas pour lui d’innover, mais plutôt de retourner à l’évidence primitive, donnée à la fois pour prégnante et cachée, des Illuminations, à ce « substrat réel » que la critique n’aurait pas été en mesure d’apercevoir (p. 328).
Le programme que Paul Claes définit dans le cadre de son introduction présente la qualité et le défaut, comme tout le reste de son propos d’ailleurs, d’être très systématique : stigmatisant le « postulat d’illisibilité » suivant lequel une certaine critique cultiverait artificiellement le mystère de la poésie rimbaldienne (p. 9), il soutient que ni l’explication détaillée ni l’interprétation globale des Illuminations ne posent de problèmes foncièrement insolubles (p. 9). Les difficultés qui s’y font jour, si elles sont traduisibles en termes d’obscurité, reflètent pour l’essentiel une complexification et une opacification du sens résultant d’une série de transformations textuelles opérées par le poète. Dès lors, la démarche analytique consistera à « parcourir en sens inverse » ce codage littéraire (p. 10), depuis les trois niveaux qu’il affecte : pragmatique, sémantique et référentiel. C’est ce programme que l’auteur met en œuvre en commentant, une à une, l’ensemble des pièces des Illuminations. Les outils critiques et les références bibliographiques qu’il mobilise à cette fin dénotent un effort exégétique et une érudition (notamment en matière de rhétorique classique) impressionnants.
Pour lire la suite de cet article :
Pour citer cet article : Patrick Thériault , "Rimbaud décrypté ?", Acta Fabula, Essais critiques, URL : http://www.fabula.org/revue/document5106.php
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V. Magri-Mourgues, Le Voyage à pas comptés. Pour une poétique du récit de voyage au XIXe siècle
Préface de Jean-Michel Adam
Paris : Honoré Champion, coll. "Lettres numériques", n°9, 184 p. ISBN-13 : 978-2-7453-1941-8
Présentation de l'éditeur :
Prenant appui, à titre de préalable méthodologique, sur les protocoles de l'analyse statistique appliquée à un corpus de douze récits de voyage parmi les plus représentatifs du XIXe siècle, et à un second corpus constitué de douze oeuvres de fiction signées par les mêmes écrivains-voyageurs et servant de norme différentielle, Véronique Magri-Mourgues, dans Le Voyage à pas comptés, se propose de baliser, sur des bases quantitatives dès lors rigoureusement établies, les marques et les pratiques les plus manifestes de l'écriture viatique de Chateaubriand à Loti.
L'enjeu est d'importance puisqu'il ne s'agit de rien d'autre que de se donner les moyens d'aller au-delà d'une description empirique d'un genre généralement considéré comme protéiforme et élusif, afin de définir les conditions et les composantes de sa poétique saisie dans le moment de son histoire où l'écrivain vient à en occuper la scène.
L'étude stylistique de Véronique Magri-Mourgues, tout en dégageant des dominantes et des tendances majoritaires qui permettent de singulariser la praxis du récit de voyage dans son rapport à l'oeuvre de fiction, procède par analyses fines et nuancées, réglées sur une écoute sensible des textes, et attentives à relever leurs particularités comme leurs modalités atypiques. Il s'agit là d'une réflexion dont l'apport théorique et critique se révèle essentiel pour une meilleure connaissance du genre.
Véronique Magri-Mourgues est Professeur de langue et stylistique françaises à l'Université de Nice Sophia-Antipolis et chercheur à l'UMR 6039, Bases, Corpus et Langage, CNRS ; MSH de Nice. Ses travaux sont consacrés à l'étude linguistique et textométrique des oeuvres littéraires du XIXe et du XXe siècle. Elle est spécialiste du récit de voyage et a publié un ouvrage intitulé Le Discours sur l'Autre à travers quatre récits de voyage en Orient (Paris, Champion, 1995).
Url de référence : http://www.honorechampion.com
Avec un peu de retard, comme beaucoup de choses, j'ai le plaisir d'annocer à ceux qui ne l'ont déjà découvert par eux-mêmes que Kenneth White a "son" site officiel sur la toile : http://www.kennethwhite.org/accueil/index.php
Pour lien, je vous rappelle :
Quelques textes en ligne de Kenneth White :
– Un Écossais en Bretagne, sur ce site
– Voir Grand (texte à télécharger), Grands Sites de France
– Les Chemins de la complétude, Journées de psychiatrie de Fontevraud
– Europe, Atlantique, culture, Culture a confine
– Saint-John Perse : La Face en Ouest, La République des Lettres
– Dernières nouvelles des mondes flottants, entretien, Nouvelles Clés
Vidéos en ligne :
– Entretien avec Bernard Pivot (pour Double Je, sept. 2006). Dailymotion (première partie)
Dailymotion (deuxième partie)
– Entretien avec Emeric Fisset (Transboréal, mars 2007) : "Redécouvrir le monde – voyage et géopoétique". Dailymotion
– Entretien avec Monique Atlan (A2, février 1980), L'Europe des cultures, archives de l'INA
Quelques textes en ligne sur Kenneth White :
– Laurent Margantin, "Kenneth White et la géopoétique",
Le Recours aux forêts
– Régis Poulet, "Kenneth White et les religions asiatiques : un Nietzschéen dans la bergerie", La Revue des ressources
– Régis Poulet, "Suivre les hautes erres avec Kenneth White", La Revue des ressources
– Michèle Duclos, entretien avec Kenneth White : "La marche", Temporel
Les sites de la géopoétique :
– Institut international de géopoétique
– La Traversée, atelier québécois de géopoétique
– Scottish Centre for Geopoetics
– Dominique Roussseau (artiste)
– Ka.Ty Deslandes (artiste)
Consulter Google Books
Cet été, la bande-son a été très variée, comme toujours, mais dans la pesanteur des après-midi ensoleillés, il est incontournable que certaines figures laissent plus de traces que d'autres ... Parmi elles, retenons les très grands, tels que ...
... Peter Gabriel (quel génie ce gars) : OVO, vous connaissez ? Voici ce qu'en dit Sabrina Silamo, d'Amazon France(elle décrit très bien ce travail de Gabriel, inutile que je plagie) :
"Expérimentateur en service depuis les années Genesis, Peter Gabriel continue, après plus de trente ans de bons et loyaux services, à explorer divers horizons musicaux. Après un subtil croisement avec la world music découverte grâce au festival Womad (World Of Music And Dance), une confrontation visuelle avec la musique de films (pour Spielberg, Parker ou Scorsese), et une incursion couronnée de succès dans le domaine du multimédia, ce champion des droits de l'homme, VRP d'Amnesty International, mêle désormais folklore traditionnel aux programmations les plus modernes. Il combine percussions africaines et violons celtiques, tabla indien et didgeridoo australien pour retracer l'évolution humaine sur trois générations, de l'âge de pierre à la technologie de demain, de la famille Ovo. Cette pérégrination, née du spectacle créé pour l'inauguration du dôme de Greenwich à l'occasion des célébrations du millénaire, l'emmène d'un duo mixte et rappé ("The Story Of Ovo") et d'une ballade alanguie ("Father's Son") vers une valse tricotée de cordes et de cuivres ("Downside-Up"). Aux côtés de ses éternels complices Manu Katché à la batterie et Tony Levin à la basse, il a cette fois invité de nouveaux partenaires à prendre part à l'aventure. Neneh Cherry et Liz Fraser, (des Cocteau Twins) prêtent ainsi leurs voix inimitables aux voyages de l'homme des studios Real World. Ovo marque le retour gagnant de Peter Gabriel après les huit années d'absence discographique qui suivirent l'enregistrement de Us en 1992."
... ou Porcupine Tree (Décidément très Deadwing, le Jeff !), les non moins connus et géniaux Daran (http://bitumevivant.groups.vox.com/ fait d'ailleurs son apparition sur Vox) et Supertramp (Crime of the century : album aussi géant que le Innuendo de Queen ! Parfait du début à la fin !), et parmi les petits nouveaux, aux côtés du Citizen Cope déjà évoqué ici, un Mattafix (Rhythm & Hymns) très prometteur ... qui mêle longueurs acid jazz, électro, hip hop et influences du monde entier dans une danse folle et rythmée aux couleurs d'autres horizons ensoleillés ... par moment, je crois entendre Angélique Kidjo ...
Côté lecture, c'est Fatou Diome qui aura retenu toute mon attention, avec un roman au ton juste, prenant, profondémént sensible : Inassouvies, nos vies : "Vivre, ça couvre quelle superficie ?" se demande son héroïne Betty et cette seule interrogation m'a, d'une certaine manière, servi de fil conducteur, à travers les 271 pages avalées, presque soufflées d'un trait, de ce très grand moment d'humanité ...
J'ai attaqué Je, François Villon de l'intarissable Jean Teulé ... Je vous en dirai plus très vite !




